Je dois vous raconter cet entretien de recrutement dans un process en cours. Il pourrait sans doute faire l’objet d’un autre épisode de mes chroniques de recrutologies, si j’avais un peu de temps pour les relancer (lien vers ces chroniques dans le 1er message en commentaire)…
Bref. Marqué donc par ce candidat non pas parce qu’il candidat était « si exceptionnel que cela », mais parce qu’il a passé exactement 45 secondes à négocier avec son interrupteur !
Je vous plante le décor.
On est en visio. Moi à Lyon. Et lui à Niamey, chaleur déterminée, et groupe électrogène en mode “je fais ce que je peux”.
On se parle pour un poste de manager opérationnel. Profil solide. CV propre. Recommandations impeccables.
On commence à rentrer dans notre sujet, tranquillement, et là, petit problème : l’ampoule s’éteint. Et surtout refuse de se rallumer.
Il regarde le plafond.
Puis le mur.
Puis moi.
Puis de nouveau le mur.
Puis le plafond une deuxième fois (peut-être que l’ampoule allait changer d’avis…).
Et là il me sort, très sérieux :
« Monsieur Hazoumè, je crois que l’interrupteur a démissionné avant moi.”
J’éclate de rire.
Pas parce que c’était drôle (ça l’était), mais parce que j’intégrais, dans le vécu, quelque chose qu’un ainé dans le métier m’avait dit il y a bien longtemps, et que nous sommes beaucoup de recruteurs opérant sur ce périmètre « Afrique », à oublier :
Sous pression, les gens révèlent leur vraie nature.
Certains paniquent.
Certains se figent.
Lui, il plaisante.
Et surtout : il reste présent, léger, lucide.
Alors, retombant un peu sur mes pattes, moi-même, je lui demande :
— « Et qu’est-ce que vous faites dans une situation où tout ne fonctionne pas comme prévu ? »
Et il me répond :
— « Je fais travailler froidement ce qui fonctionne encore : moi et ma tête. Le reste, on verra après. »
J’ai su à ce moment-là que ce gars avait quelque chose de plus.
Pas seulement des compétences.
Pas seulement de l’expérience.
Mais cette agilité mentale, tellement nécessaire pour travailler dans des environnements où l’imprévu est souvent la règle, et le plan une suggestion. Les coupures, délestages ou les conséquences de l’instabilité du courant électrique secteur, peuvent s’avérer des leadership-tests certifiés ISO 9001 !!!
Il n’a pas éte presélectionné, mais il m’a rappelé l’ancienne leçon de cet ainé :
1️⃣ Recruter, ce n’est pas seulement valider des compétences. C’est aussi détecter la posture.
2️⃣ Les tests non-prévus révèlent souvent plus que les tests prévus.
3️⃣ L’humour est un indicateur de lucidité…et d’intelligence émotionnelle.
Conclusion : la prochaine fois que quelque chose se passe mal dans un recrutement — l’électricité, la clim, le projecteur; ou même l’employé qu’on vous envoie pour la salle réservée qui croit que « Wi-Fi » est un dialecte — respirez.
Parce que parfois, c’est dans la panne que se trouve le vrai potentiel.
RETOUR SUR MON ATELIER-FORMATION PARTICIPATIF « PERSONNAL BRANDING/LINKEDIN/AFRIQUE »
Plaisir de partager les 1ers témoignages de participants enthousiastes après leur participation au 1er bloc du programme AKWABA que j’ai conçu et commencer de dérouler.Le programme AKWABA vise à accompagner les cadres africains de…

